PROLOGUE
Le projet du Château de paille, un chai à Grand Mont sur la Commune de Noyers-sur-Cher (41), est né du désir de M. Jean-Martin Dutour de BAUDRY DUTOUR, de valoriser et exploiter les vignobles acquis dans la région. Destinés à la production de vin blanc, ceux-ci sont situés dans un périmètre qui va de Noyers-sur-Cher à Saint-Aignan, au-delà du zoo de Beauval.

L’ambition que s’est donnée le maître d’ouvrage consiste à évaluer la faisabilité d’un bâtiment de type industriel, dont la caractéristique principale est son système constructif en paille structurelle. Cette ambition et sa réalisation aboutirait à une première mondiale dans ce domaine, les exemples réalisés sà ce jour et construits en paille structurelle ainsi que les recherches en cours n’atteignant pas les enjeux du présent projet . (voir chapitre 1.3 et annexes 3&4).
La démarche, initiée suite à la commande faite à l’agence Alain Fidanza Architecte à Saint-Pierre-des-Corps par M. Dutour, visait à rassembler les connaissances existantes ainsi que les experts susceptibles de pouvoir accompagner de leurs expériences un processus innovant et un projet d’avant-garde. Une organisation adaptée fût mise en place pour élaborer la réponse la plus adéquate, dans le cadre d’une première étape dite « EEtudes préliminaires » (EP).
Un groupement initial de compétences a été constitué par l’agence d’architecture avec le soutien du maître d’ouvrage, dont une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) représentée par Accort Paille. Celle-ci s’est entourée des personnes expertes dans le domaine et les plus intéressées à s’engager dans un projet-recherche. Il s’avéra que ce projet, atypique du point de vue structurel, nécessita l’accompagnement d’entreprises susceptibles de sortir de leur zone de confort, pour le développement et l’évaluation financière de techniques constructives pertinentes et non-courantes.
En parallèle au travail d’esquisses et d’élaboration de schémas de principe, les études ont été synthétisées sous forme de plans et de maquettes numériques. Celles-ci s’inscrivent dans une démarche en BIM (Building Information Modelling) dont les objectifs visent à l’optimisation de la coordination des intervenants, à la communication et à la représentation du projet, ainsi qu’à la future valeur patrimoniale.
La proposition résultant de cette première phase d’études préliminaires permet de valider les conditions préalables à une faisabilité du projet. Elle met en évidence les réponses du projet aux contraintes géographiques, topographiques, constructives, techniques, fonctionnelles et esthétiques. Elle définit également les limites ainsi que les enjeux financiers et réglementaires de l’opération envisagée.

L’HISTOIRE DU CHAI
Les intentions et objectifs de la commande visaient le développement et la réalisation d’un projet dans le plus grand respect des ambitions annoncées. Il s’agit de la définition d’un objet pur, fidèle aux enjeux de la paille structurelle, esthétiquement cohérent avec le contexte, le site et les conditions de la matérialité et sa mise en œuvre, innovant par son côté avant-gardiste en lien avec une démarche expérimentale, car fondé sur la construction d’un bâtiment industriel avec des enjeux écologiques en circuit court et avec des matériaux locaux.

Aux nécessités de l’outil industriel se sont greffées les nécessités de la promotion commerciale d’une nouvelle appellation. Au choix du site et de sa connexion et de sa proximité avec un axe de circulation fréquenté s’est ajoutée la volonté d’intégrer dans le projet un espace de dégustation-vente. Le point de vue exceptionnel sur l’environnement proche et lointain devait être mis en valeur dans le bâtiment lui-même, à l’étage.



L’évolution du projet, l’exigence de pureté du système constructif, les intentions et les questionnements du maître d’ouvrage au sujet de cette fonction commerciale aboutiront dans la version finale à écarter cette fonction et son espace dédié du projet.
A proximité du lieu-dit « le Grand Mont », au cœur d’un domaine récemment acquis, le site d’implantation se trouve dans la topographie d’un bassin versant orienté Nord-Sud.
La limite Sud est constituée par la route départementale D976 reliant à l’Ouest Noyers-sur-Cher à Selles-sur-Cher à l’Est.
La limite Est est ainsi définie par une route d’accès de la départementale au lieu-dit « la loge ».
La limite Nord par des terres agricoles et celle d’Ouest par un cheminement bordant d’autres terres agricoles vers « le Grand Mont ».
Le contexte lointain est orienté principalement vers le Sud / Sud-Ouest, vers un « Talweg » se prolongeant jusqu’au Cher et son canal au Sud.
Plus loin vers l’Ouest, il s’étend visuellement jusqu’aux territoires de Saint-Aignan, Beauval et d’autres terres viticoles récemment acquises par le maître d’ouvrage.

RECHERCHE DOCUMENTAIRE
Documentation MOA
La documentation remise par le maître d’ouvrage contenait les éléments de projets antérieurs réalisés sur d’autres domaines ainsi que les spécifications des équipements d’exploitation (cuves, pressoirs, informations fonctionnelles, usages, …). Elle contenait également des informations relatives à la construction en paille (exemple de construction individuelle en paille structurelle, étude antérieure pour un chai en paille) ainsi que de la documentation iconographique relative à la production du vin.
Documentation AMO
La documentation fournie par l’assistance à maîtrise d’ouvrage s’est constituée dans le cours du développement des réflexions sur le projet. Un premier accompagnement a fourni des informations sur des projets en cours, ainsi que sur divers points réglementaires et retours d’expérience notamment sur les tests à envisager en technique non-courante. Un second accompagnement par le groupe NEBRASKA a permis des retours d’expérience sur les conditions d’homologation de ces techniques ( validation par un contrôleur technique garant du système constructif vis-à-vis des assureurs par exemple) ainsi qu’une hypothèse des conditions de mise au œuvre sur la base d’expériences et de pratiques des enduits.
Recherche documentaire MOE
La recherche documentaire de l’architecte s’est axée sur les références architecturales et le cadre réglementaire. Une étude hydrogéologique sommaire du bassin versant, basée sur les données topographiques IGN et le relevé du géomètre, a été effectuée pour déterminer le niveau d’implantation du projet eu égard au niveau de possible montée des eaux de ruissellement sur le site.

PÉRIPÉTIES
La démarche engagée et décrite aux intervenants visait à élaborer des hypothèses, sans a priori sur la responsabilité de chacun ni crainte de ne pouvoir garantir un résultat constructible.
La liberté de penser, l’encouragement et la motivation du maître d’ouvrage à cette recherche ont été les fondements permettant la mise au point d’une forme, de sa fonctionnalité et de l’évaluation financière d’une solution réalisable.
Différentes variantes ont été étudiées, modélisées, évaluées du point de vue des systèmes constructifs. Les apports des entreprises partenaires ont permis de consolider certains aspects de la mise en œuvre et de chiffrer les coûts estimatifs au stade des études préliminaires.



Les différentes étapes du processus de projet et des réflexions faites sont documentées et constituent le socle sur lequel repose la proposition finale.
L’intégration de l’espace dégustation – vente dans la construction et la volonté d’en faire un lieu privilégié en rapport avec le paysage proche et lointain s’est avérée problématique. Les particularités et obligations de cet équipement sont rentrés en contradiction avec la volonté de conserver la pureté du système constructif.
Eu égard aux intentions et objectifs de la commande qui visaient le développement et la réalisation d’un projet dans le plus grand respect des ambitions annoncées, un objet pur, fidèle aux enjeux de la paille structurelle, il est apparu que l’intégration de l’espace dégustation – vente nécessitait la mise en place de mesures constructives allant à l’encontre de ces objectifs.
D’autre part, la présence de cet espace sur le site n’étant pas encore pertinente du point de vue du Le maître d’ouvrage décidait, il fût décidé d’y renoncer dans un premier temps. Le cas échéant le programme pourrait être complété d’un ouvrage dédié à la réception du public (visite – dégustation – vente) en regard de ce projet innovant.
Enfin, une nécessaire diminution des coûts confortait la décision d’optimiser la forme et le volume du projet. Par conséquent, le projet fût réduit au minimum fonctionnel et sa forme optimisée volumétriquement. La pente de la toiture destinée à recevoir une installation photovoltaïque est accentuée en cohérence avec la courbure du bâtiment dans la pente et l’esprit de gestion des eaux de ruissellement.


VARIANTE FINALE
La proposition finale est donc constituée de trois espaces fonctionnels :
- l’espace de réception et de pressurage des raisins (extérieur et couvert)
- le cuvier (intérieur, isolé, non chauffé)
- l’espace de stockage (intérieur, isolé, non chauffé)



L’insertion dans le site intègre et valorise les données hydrogéologiques évoquées, en particulier avec la présence d’un élément de rétention des eaux comme lieu d’agrément dans le parc au Sud, des surfaces perméables de circulation et livraison desservies par un accès depuis la route départementale et la forme générale du bâtiment et de sa toiture.


FAISABILITÉ
Le rapport final marque la fin de la phase des études préliminaires, dont l’objectif était de vérifier la faisabilité d’un bâtiment de type industriel, un chai, dont la caractéristique principale est son système constructif en paille structurelle.
Compte tenu de l’état et des avancées de la recherche, des rapports et des éléments fournis les experts au sein du groupe Nebraska, des estimations prévisionnelles des entreprises, compte tenu des plans, maquettes et études de l’architecte inscrites dans le site pressenti, dans une forme et un système constructif issus de ce développement, la faisabilité du projet est démontrée avec les réserves qui prévalent dans cette phase.
À SUIVRE
« La patience n’est pas la capacité d’attendre, mais la capacité à maintenir une attitude positive pendant que vous attendez » Joyce Meyer
Avec :
Maîtrise d’ouvrage (MOA)
SAS B A U D R Y – D U T O U R
Vignerons à Chinon
Panzoult (37)
Architecte – maître d’œuvre – BIM (MOE)
ALAIN FIDANZA ARCHITECTE SARL
Saint-Pierre-des-Corps (37)
BDA2BIM Consultant BIM – Saint-Cyr-sur-Loire (37)
Assistance à la Maîtrise d’ouvrage (AMO)
ACCORT PAILLE – Aymeric Prigent Orléans (45)
Association NEBRASKA – Cédric Hamelin Grenoble (38) Gil Bustarret Fribourg (CH)
Entreprises
POULINGUE CONSTRUCTION – Beuzeville (27)
VIANO BTP – Châtillon sur Indre (36)
ETABLISSEMENTS CANCE – Nay (64)
DUBOIS Menuiserie – Sorigny (37)